Nouvel impact sur Jupiter

Publié le par Dimitri Chuard

impact-jupiter-3-juin-10.jpgUn astéroïde ou une comète s’est désintégré dans l’atmopshère de Jupiter le 3 juin à 20 h 30 (temps universel). La collision a été photographiée en direct par un astronome amateur australien, le désormais célèbre Anthony Wesley, de Broken Hill, une localité isolée de Nouvelles Galles du Sud. Il a saisi le flash provoqué par l’impact au niveau de la bande équatoriale sud de la planète géante.

Une vidéo de la collision a même été réalisée par un autre amateur, Christopher Go, basé aux Philippines, avec un télescope de 280 mm. Christopher Go avait aussi photographié Jupiter à plusieurs reprises au cours de la nuit, mais n’avait pas encore repéré l’impact. C’est sur une alerte d’Anthony Wesley qu’il a pu retrouver les images correspondantes et en produire un film.

Cet événement survient le jour même de la parution d’un article scientifique qui fait le point sur une autre collision, dont les effets avaient été découverts le 19 juillet 2009 par le même Anthony Wesley. Peu de temps après, une image précise de l’impact avait été réalisée avec le télescope spatial Hubble.

Les scientifiques considèrent dans leur étude que le bolide qui a créé une grosse tache noire dans les nuages de Jupiter est plutôt un astéroïde qu’une comète. Jupiter avait déjà été frappée par les fragments d’une comète (Shoemaker-Levy 9) fin juillet 1994. Le chapelet de morceaux cométaires avait bombardé la planète pendant une semaine.

Ces différents impacts montrent que la plus grosse planète du Système solaire est percutée régulièrement par de petits corps célestes. Avec les moyens actuels des amateurs et leur surveillance continue des planètes, de tels événements ont de plus en plus de chances d’être vus.

 

Retour sur l'impact du 20 juillet 2009

L'analyse détaillée des observations réalisées avec le télescope spatial Hubble permet de comparer l'impact de 1994 et celui de 2009. La couleur des débris présents dans les marques sombres laissées par les impacts sont identiques dans les deux cas, ce qui confirme qu'il s'agit bien de la matière profonde de Jupiter remontée en surface et modifiée par la chaleur des impacts. L'observation de la morphologie des impacts et de leur durée de vie sur Jupiter suggère que les corps qui en sont à l'origine seraient plutôt des astéroïdes que des comètes.

Dans le cas de l'impact de 2009, les chercheurs pensent qu'un « gros caillou » d'environ 500 mètres de diamètre pourrait faire l'affaire. L'impact mesurait environ 5.000 kilomètres, un panache de matériaux qui s'élevait dans l'atmosphère de Jupiter avec une pluie de particules qui retombaient tout autour. Ce nuage a été peu à peu dispersé par les vents assez lents qui circulent dans les hautes latitudes de la planète gazeuse, un phénomène qui n'est pas sans rappeler ce qu'on observe actuellement avec le panache de cendres du volcan islandais Eyjafjöll.

Deux impacts de cette ampleur en 15 ans, voilà qui fait beaucoup. On estimait dans le passé qu'un tel événement devait se produire tous les 50 à 250 ans. Désormais les chercheurs doivent envisager ce scénario selon une fréquence plus élevée, sans doute tous les 10 à 15 ans. Reste à espérer que la massive Jupiter continuera à capturer tous les gros astéroïdes qui s'aventureront dans le Système solaire. On n'ose imaginer les résultats dévastateurs qu'aurait une telle rencontre avec la Terre...

D'après C&E et FS

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