Tout pour observer la comète Garradd

Publié le par Dimitri

Après les comètes Elenin, censée annoncer la fin du monde et qui s'est finalement disloquée sous l'effet d'une éruption solaire, et Lovejoy, dont le regain d'éclat a créé la surprise dans l'hémisphère sud fin 2011, c'est maintenant au tour de la comète Garradd de réapparaître.

De son nom officiel C/2009 P1, la comète a été découverte en août 2009 par l'australien Gordon Garradd. Elle tourne autour du Soleil sur une orbite quasi perpendiculaire à l'écliptique (voir schéma ci-dessous), ce qui lui permet de passer deux fois à proximité de la Terre. Un premier rapprochement s'est donc produit fin août 2011, puis l'astre chevelu, trop proche du Soleil, est redevenu inobservable.

orbite garradd

Nous sommes cette fois à l'aube du deuxième passage de Garradd, qui aura lieu le 5 mars, à 189 millions de kilomètres de distance. La comète sera plus proche de la Terre que lors du premier rapprochement (210 millions de kilomètres), mais surtout, son passage au périhélie, c'est-à-dire au point de son orbite le plus proche du Soleil, l'a rendue beaucoup plus lumineuse. En effet, les comètes sont des petits corps essentiellement constitués de glace qui, sous le rayonnement de notre étoile, se mettent à dégazer, ce qui produit leur célèbre chevelure brillante.

Les dernières observations (fin janvier 2012) attribuent à la comète Garradd une magnitude légèrement supérieure à 6, ce qui signifie qu'elle pourrait devenir visible à l'oeil nu sous un bon ciel dans les prochains jours. D'ores et déjà, il est possible de l'observer avec une simple paire de jumelles ou dans un petit télescope. D'autant plus que les températures très froides régnant actuellement sur la France sont généralement synonymes de nuits claires. Attention toutefois car, si le noyau cométaire est bien visible, les queues ne sont souvent perceptibles que sous des ciels de bonne qualité, par des nuits sans lune.

Située dans la constellation d'Hercule, visible en deuxième partie de nuit, Garradd devrait la quitter dans le courant du mois pour rejoindre la constellation circumpolaire du Dragon, visible toute la nuit. Vous trouverez une carte de la position de la comète pour le mois de février en cliquant ici.

Ce 3 février justement, la comète se trouvait à seulement un demi degré de l'amas globulaire M92. Un rendez-vous céleste qu'a saisi l'astrophotographe amateur italien Rolando Ligustri avec une lunette de 106 millimètres installée au Nouveau-Mexique (photo ci-dessous), décrochant ainsi l'APOD du 4 février.

http://www.lecosmographe.com/blog/wp-content/gallery/cometes_1/rolando-ligustri-c2009p1.jpg

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