Le Vatican s'ouvre à l'astronomie d'aujourd'hui...

Publié le par Dimitri Chuard

Proclamé « Année de l'astronomie » pour célébrer le quatrième centenaire de la lunette de Galilée, le millésime 2009 avait, dès le 6 janvier, été salué comme tel par le pape Benoît XVI. Un peu oublieux des misères jadis faites à Galilée par l'Eglise, le pontife en avait profité pour donner lui-même, urbi et orbi, une petite leçon d'astronomie à sa façon - en expliquant pour l'Epiphanie «la symbolique de l'étoile qui a conduit les mages à Bethléem». Or le Vatican vient de franchir un pas supplémentaire dans la bonne direction, en inaugurant le 26 octobre dans ses murs «Astrum 2009», une grande exposition consacrée à Galilée. On peut notamment y vénérer, telle une sainte relique, une reproduction de la lunette galiléenne - jadis instrument du Diable.

 

Il s'agit, selon Mgr Francisco Follo, représentant du Saint-Siège à l'Unesco, de «montrer l'ouverture constante de l'Eglise à la science». Un père jésuite, Federico Lombardi, va même jusqu'à déplorer les éclairages nocturnes excessifs des villes d'aujourd'hui. Pas par goût de l'obscurantisme. Mais parce que ces illuminations «nous empêchent de découvrir la merveille de la création de Dieu». Il est vrai que, création divine ou non, on regrette de ne pas pouvoir admirer plus souvent - c'est juste un exemple - l'extraordinaire constellation NGC 4755, dite aussi «Boîte à bijoux». L'ESO (European space organisation) vient de mettre en ligne des images haute définition de ses étoiles multicolores. Ainsi, grâce à internet, nous pouvons «lever de nouveau les yeux vers le firmament», et y découvrir des étoiles que même Galilée ne pouvait pas voir.

 

Mais le Vatican n'hésite pas à s'aventurer encore beaucoup plus loin. Du 6 au 10 novembre, l'Académie pontificale des sciences organisait un séminaire sur l'astrobiologie - c'est-à-dire la vie extraterrestre -, allant jusqu'à y inviter des scientifiques auxquels «on n'a pas demandé de certificat de baptême». Pour l'organisateur, le père Gabriel Funes, directeur de l'Observatoire du Vatican, «l'éventuelle existence d'une vie ailleurs dans l'Univers sont très pertinentes, et méritent d'être posées». Nier cette possibilité, ce serait de toute façon impie et blasphématoire, car cela reviendrait à «fixer des limites à la liberté de création de Dieu » - lequel fait ce qu'Il veut, non mais! Au point que selon l'AFP, en privé, le père Funes hésite à peine à envisager «une planète habitée par des êtres qui n'auraient pas commis le péché originel». Qui n'auraient donc même pas eu besoin d'un Sauveur? Ou la la! Père Funes, tu as l'air sympa, mais Galilée n'aurait jamais osé, et tu vas te faire tirer les oreilles...

Fabien Gruhier, Le Nouvel Observateur

Publié dans [Actualité]

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