Le plus grand télescope du monde sera-t-il construit au Chili ?

Publié le par Dimitri Chuard

L'E-ELT (European Extremely Large Telescope), le télescope géant de l'Observatoire européen austral (ESO), est d'ores et déjà annoncé comme "l'œil le plus puissant" ayant jamais observé l'espace. Les travaux devraient commencer à partir de 2011, pour que le télescope soit opérationnel en 2018. Selon les plans, il aura un miroir d'un diamètre sans précédent de 42 mètres, soit une longueur quasi équivalente à la moitié d’un terrain de football. Il collectera quinze fois plus de lumière que les plus grands télescopes optiques actuels. Le télescope disposera d’un miroir innovant composé de cinq miroirs comprenant un système d’optique adaptative perfectionné, pour compenser les turbulences atmosphériques. Des images quinze fois plus résolues que celles du télescope spatial Hubble sont attendues.

En comparaison, son petit frère, le VLT (Very Large Telescope), installé sur le Mont Paranal (dans le désert d'Atacama, au nord du Chili) ne dispose "que" d'un diamètre de 8,2m. Il avait toutefois réussi à capter en 2009 "l'objet" le plus ancien jamais observé dans l'univers: une "flambée" après une explosion survenue il y a plus de 13 milliards d'années, soit 600 millions d'années "à peine" après le Big Bang. Grâce à ses dimensions hors-normes, le télescope E-ELT pourrait ainsi fournir des données inédites sur les toutes premières étoiles, la matière noire, ou la formation de l'univers, et ainsi "révolutionner" notre perception de l'Espace, s'enthousiasme l'agence intergouvernementale de recherche ESO. Mieux : un télescope comme l'E-ELT va spectaculairement accroître les chances d'observer "d'ici moins de 15 ans" des planètes similaires à la Terre en d'autres systèmes solaires "et peut-être sur elles des signes de vie", s'enflamme un astronome allemand de l'ESO.

E-ELT

"Il s'agira du plus grand télescope du monde, qui restera le plus grand pour longtemps, ce qui veut dire que nous devons sélectionner le meilleur site", explique un astronome italien membre de la délégation de l'ESO venue inspecter le site d'Armazones, à 1100 km environ au nord de Santiago, dans le désert nord chilien. Car le Mont Armazones, situé tout comme le VLT dans le désert d'Atacama, avec son altitude (3050 m), ses ciels dégagés 360 nuits par an, et sa proximité vis-à-vis des infrastructures de l'Observatoire du Mont Paranal, est en bonne position dans la course pour ce projet exaltant attendu par l'astronomie et l'astrophysique mondiales.

Pour le moment, le Chili est en concurrence avec l'Espagne, le Maroc et l'Argentine. L'ESO devra étudier les différentes propositions, évaluer aussi des critères de fonctionnement, de travaux, de coûts de production. En attendant, les astronomes chiliens sont intarissables sur les avantages du site d'Armazones. Ils mettent ainsi en avant une "conjugaison de facteurs" donnant un panorama céleste d'observation exceptionnel, dans cette zone considérée comme une des plus arides de la terre. Et pour appuyer le dossier chilien, l'État est également disposé à céder à l'ESO les 600 hectares nécessaires au fonctionnement de l'E-ELT, a assuré le directeur de l'Énergie, des Sciences et Technologies au ministère des Affaires étrangères.

Le dossier du Chili devrait être remis à l'ESO la semaine prochaine, une décision pourrait intervenir dès mars.

 

Sources : France-Soir, ESO

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