Le nombre d'astéroïdes connus passe le demi-million !

Publié le par Dimitri Chuard

Presque deux siècles après la découverte du premier astéroïde, plus d'un demi-million de ces cailloux célestes sont actuellement répertoriés. Un rythme de découvertes qui n'a cessé de s'accélérer avec la mise en place de programmes de surveillance automatique du ciel.

Le premier jour du XIXe siècle, un astronome italien, Giuseppe Piazzi, découvrait Cérès, le premier et le plus gros des astéroïdes, reclassé dernièrement planète naine en raison de sa taille (950 kilomètres). Pallas, Junon et Vesta furent découverts les six années suivantes, puis d'autres suivirent au rythme du développement des instruments astronomiques et des techniques de détection : plaques photographiques, pellicules, récepteurs électroniques. En 1868 on dénombrait cent astéroïdes, mille en 1921 et dix mille en 1989.

La plupart de ces corps circulent dans une ceinture dont l'orbite se situe entre celles de Mars et Jupiter. Ils intéressent beaucoup les scientifiques pour deux raisons. Tout d'abord la découverte d'acides aminés dans certaines météorites laisse penser que l'apparition de la vie sur Terre aurait pu être directement liée à la chute de ces corps. D'autre part, certains circulent sur des orbites qui les amènent périodiquement à proximité de la Terre. Ce sont les géocroiseurs. Si les plus petits (heureusement les plus nombreux) se désintègrent dans l'atmosphère, la rencontre avec un géocroiseur de grande taille aurait des conséquences catastrophiques. C'est pourquoi depuis une trentaine d'années les astronomes ont mis en place différents réseaux de détection automatisée d'objets célestes mobiles, comme les comètes et les astéroïdes.

C'est d'abord le projet Spacewatch, lancé en 1980 par l'Université de l'Arizona. Deux télescopes, l'un de 900 millimètres de diamètre et l'autre deux fois plus gros, furent réservés à la traque des comètes et astéroïdes. Ce réseau, le plus ancien, fournit une base d'images inestimable quand il s'agit de rechercher d'anciennes traces d'astéroïdes géocroiseurs pour affiner leur trajectoire, comme ce fut le cas en 2007 avec le dangereux Apophis.

Puis NEAT(pour Near Earth Asteroid Tracking) débuta fin 1995 en utilisant deux télescopes automatisés, l'un à Hawaï et l'autre à l'Observatoire du Mont Palomar. Outre des milliers d'astéroïdes, NEAT a donné son nom à une belle comète découverte en août 2001 et qui fut observable à l'œil nu en mai 2004. Enfin, le troisième et le plus important de tous ces programmes de surveillance est LINEAR (pour Lincoln Near-Earth Asteroid Research), lancé en 1996. D'abord un, puis deux et maintenant trois télescopes de 1 mètre de diamètre installés au Nouveau-Mexique lui sont consacrés.

Grâce notamment aux technologies CCD, ce réseau très efficace a déjà découvert plus de 300000 astéroïdes, parvenant même il y a quelques mois à photographier la collision de deux d'entre eux. A ces réseaux principalement dédiés à la recherche des astéroïdes on peut ajouter divers instruments qui en découvrent dans le cadre d'autres observations. C'est le cas du télescope spatial WISE qui a déniché récemment des astéroïdes sombres qui ne sont visibles qu'en infrarouge.

Pour continuer à répertorier les astéroïdes et se préparer à une possible collision avec un corps de grande taille, des experts internationaux rassemblés au début de l'année ont préconisé la mise en place d'un réseau mondial de surveillance. Car même si le Minor Planet Center dispose actuellement d'informations sur près de 530000 astéroïdes, il reste encore à recenser de nombreux objets potentiellement dangereux et à en connaître la composition.


L'accélération du rythme de découverte d'astéroïdes ces dernières années est particulièrement bien mis en évidence par la vidéo ci-dessous. Réalisée par Scott Manley, un astronome nord-irlandais, elle consiste en une vue "de dessus" du système solaire en mouvement, pendant 30 ans (une seconde correspond à 60 jours). Chaque nouvel astéroïde découvert est d'abord en surbrillance, avant de devenir rouge ou jaune s'il s'agit d'un géocroiseur, vert sinon. On remarque que les découvertes suivent la Terre, principalement dans la région opposée au Soleil (lorsque les astéroïdes passent à l'opposition). Des découvertes ont également eu lieu en masse lors des campagnes de recherche de satellites à Jupiter. Enfin, à la toute fin de la vidéo, on remarque un nouveau schéma de découverte, à 180° de part de d'autre de la Terre, dû au nouveau réseau WISE évoqué plus haut.

 

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