La vérité sur le 21 décembre 2012

Publié le par Dimitri Chuard

En ces temps de crise et d'incertitude, le nouveau film des studios Columbia fait resurgir tout un discours eschatologique focalisant sur la date fatidique du 21 décembre 2012. Tentons d'y voir plus clair.

Selon les dires de certains, le monde entamerait un cycle de destruction le 21 décembre 2012, jour du solstice d'hiver comme annoncé par le calendrier maya. De plus, ce jour serait celui des grands alignements, le Soleil serait aligné avec le centre galactique et il en irait de même des planètes.

Qu'en est-il dans la réalité ?

Depuis 1980, les points solsticiaux sont proches de l'équateur galactique. Vu depuis la Terre, le Soleil croise l'équateur galactique deux fois par an. C'est le résultat d'une coïncidence, celle où les points solsticiaux sont proches de l'intersection du plan de l'écliptique (le plan orbital de la Terre autour du Soleil) et du plan galactique. Cependant, d'une année à l'autre, le Soleil ne revient pas en face des mêmes étoiles au moment du solstice. C'est l'effet de précession des équinoxes qui déplace légèrement vers l'ouest les points solsticiaux d'environ 1 degré en 72 ans. Les points solsticiaux se seront donc déplacés de 30 degrés en 2 160 ans. En 2269, le point solsticial de décembre sera donc dans la constellation d'Ophiuchus et le Soleil ne sera plus au voisinage du plan galactique au moment du solstice d'hiver. Le repère galactique a été défini par L'Union Astronomique Internationale en 1958. Le plan galactique est normal à la direction du pôle galactique, l'origine des longitudes galactiques est la direction du centre galactique.

Le Soleil ayant un diamètre apparent d'environ un demi-degré, le disque solaire à l'instant du solstice d'hiver recouvrira l'intersection de l'écliptique et du plan galactique tant que la direction du solstice d'hiver sera située à moins d'un rayon solaire de cette intersection. Cela se produit entre 1980 et 2016. Le passage de la direction du solstice d'hiver dans le plan galactique a eu lieu en mai 1998.

De plus la direction du centre de la galaxie se trouve 5 degrés sous le plan de l'écliptique, ce qui exclu toute coïncidence entre la direction apparente du Soleil (qui est toujours dans l'écliptique) avec la direction du centre galactique.

En ce qui concerne les planètes, aucune configuration remarquable n'est à signaler. Mercure se situera 15,5 degrés à l'ouest du Soleil quant-à Jupiter il sera à 159,4 degrés à l'est du Soleil !

Qu'ont dit les mayas?

Les mayas comme d'autres peuples de l'antiquité avaient une vision cyclique du temps. Chaque fin de cycle correspondait à une destruction et un renouveau de leur monde. Ils furent de bons observateurs astronomiques et surent déterminer, grâce à l'observation, les périodes de récurrences des phénomènes astronomiques classiques : retour des phases lunaires, retour des saisons, périodes de visibilité des planètes Mercure et Vénus qui restent proches du Soleil.

Les connaissances astronomiques des mayas nous sont parvenues par l'intermédiaire du codex de Dresde, l'un des quatre codex mayas lisibles datant de l'époque du Postclassique (900-1697). La majorité des documents mayas ont été détruits lors d'autodafés organisés par les autorités civiles et religieuses espagnoles. Notamment celui de 1562 à Mani dirigé par Diego de Landa et Diego Quijada, qui brulèrent 27 rouleaux de signes et de hiéroglyphes sur peau de daim.

Les mayas utilisèrent trois calendriers dont un, le Compte long, sert de base au cycle de leur mythologie cosmologique. Ce cycle a une durée de 1 872 000 jours. Toute la problématique est de relier ce calendrier avec notre calendrier usuel, le calendrier grégorien. Cette relation porte le nom de corrélation. Depuis le milieu du siècle dernier on a comptabilisé plus de cinquante propositions de corrélation. L'une d'elle (la corrélation GMT modifiée, GMT pour Goodman-Martinez-Thompson) conduit à une fin de cycle pour le 21 décembre 2012 et est à l'origine de la prolifération de prédictions catastrophiques qui n'ont jamais été faites par les mayas. Finalement cette « fin du monde » annoncé, ce « jour du jugement dernier », cette récurrence eschatologique est bien propre à l'homme. La connaissance, source de libération, reste un enjeu à conquérir face à la crédulité assujettissante. Les grandes civilisations disparues (Mayas, Atlantide) ont toujours généré des discours mythifiant leur savoir prétendument divin et aujourd'hui disparu. La seule fin qu'annoncera le 21 décembre 2012 sera sans nul doute celle de l'automne par contre celle de la bêtise humaine n'est pas encore annoncée.

Source : IMCCE

Publié dans [Lumière sur...]

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