La dernière mission de la navette Endeavour

Publié le par Dimitri Chuard

http://www.lefigaro.fr/medias/2011/05/16/471d33a6-805a-11e0-8f07-c966387f64f4.jpgLa seconde tentative aura été la bonne. Ce lundi 16 mai dans l'après-midi, sous les yeux émerveillés de cinq cent mille personnes massées autour du centre spatial Kennedy (Floride), la navette étasunienne Endeavour s'est arrachée de son pas de tir pour une ultime mission de seize jours vers la Station spatiale internationale (ISS).

Les ingénieurs de la NASA ont mis les bouchées doubles pour résoudre la panne électrique qui avait contraint les responsables de l'agence spatiale étasunienne à reporter in extremis ce lancement initialement prévu le 29 avril dernier, en présence de Barack Obama. Le président américain, accompagné de sa femme et de ses deux filles, était venu soutenir Gabrielle Giffords, cette représentante démocrate, gravement blessée à la tête dans un attentat en janvier dernier et qui se trouve être l'épouse du commandant de bord, Mark Kelly.

La plus récente des trois navettes de la NASA et ses six astronautes ce sont amarrés à l'ISS ce mercredi à 12h14. L'Italien Roberto Vittori, le dernier astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA) à prendre place à bord d'une navette, retrouvera alors son compatriote Paolo Nespoli, en poste à bord de l'ISS depuis le 17 décembre 2010.

Cette mission d'Endeavour - la vingt-cinquième depuis sa mise en service en 1992 - est en effet l'avant-dernière d'une navette avant l'arrêt définitif de ces magnifiques vaisseaux spatiaux en service depuis trente ans. L'ultime lancement, celui d'Atlantis, est prévu en juillet à une date encore indéterminée. Les États-Unis dépendront ensuite des Soyouz russes pour acheminer (à 51 millions de dollars le ticket!) leurs astronautes vers l'ISS, le temps qu'un autre vaisseau étasunien ne prenne la relève, en 2015 au plus tôt.

En attendant, les astronautes sont à pied d'œuvre pour installer sur l'un des bras de l'ISS, l'un des plus beaux instruments scientifiques jamais envoyés dans l'espace. Le spectromètre magnétique Alpha 2 (AMS), fruit d'une collaboration internationale dirigée par le Professeur Samuel Ting, prix Nobel de physique et initiateur du projet, tentera de résoudre deux des plus grands mystères de l'univers, comme l'existence de l'antimatière ou la nature de la matière noire, invisible mais omniprésente.

Pas moins de six cents chercheurs de seize pays participent à ce projet d'un coût estimé à 1,4 milliard d'euros avec une contribution majeure des États-Unis, de l'Europe (Allemagne, Espagne, Finlande, France, Pays-Bas, Italie, Portugal, Suisse), de la Chine et de Taïwan. Côté français, une équipe du Laboratoire de physique des particules d'Annecy-le-Vieux (LAPP), emmenée par Sylvie Rosier-Lees, a conçu l'un des principaux instruments d'AMS-2. Il s'agit d'un calorimètre capable de détecter avec une précision inégalée, l'infime dégagement d'énergie provoqué par la rencontre avec une éventuelle particule d'antimatière.

"Il suffirait qu'AMS détecte un seul noyau d'antihélium ou d'anticarbone pour remettre en cause les prédictions du modèle standard de la physique des particules", explique Sylvie Rosier-Lees. Le détecteur, d'une masse totale de sept tonnes, sera opérationnel dans les prochains jours mais devrait rester en fonction au moins jusqu'en 2020.

D'après Le Figaro

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