L'éruption volcanique en Islande ne devrait pas avoir de conséquences sur le climat

Publié le par Dimitri Chuard

volcan.pngL'éruption de l'Eyjafjöll pourrait-elle avoir des effets sur le climat de la planète ? La question se pose, en référence au précédent du volcan philippin Pinatubo qui, en 1991, avait relâché 5 km3 de débris magmatiques et 17 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans l'atmosphère. Selon une étude menée par Stephen Self, du Centre de volcanologie d'Hawaï, cela avait entraîné, en 1992 et 1993, un refroidissement de 0,5 à 0,6°C de l'hémisphère Nord et de 0,4°C de l'ensemble du globe.

Les cendres et les gaz avaient alors été projetés à 40 km d'altitude, dans la stratosphère, où les vents les avaient disséminés et fait circuler autour du globe.

En présence d'eau et de quelques sels, le dioxyde de soufre forme des sulfates d'acide sulfurique, aérosols - ou particules en suspension - de quelques microns qui réfléchissent une part du rayonnement solaire. De ce fait, ils ont un effet refroidissant sur la troposphère, couche inférieure de l'atmosphère.

"Pour savoir si l'éruption islandaise aura un effet, le point crucial est de déterminer la quantité de ce qui a été injecté dans l'atmosphère, et si cela peut atteindre la stratosphère", estime Hervé Le Treut, directeur de l'Institut Pierre-Simon Laplace. Si les aérosols restent dans la troposphère, ils retombent rapidement à terre, et n'interfèrent pas durablement avec le rayonnement solaire.

Or, selon le volcanologue islandais Freysteinn Sigmundsson, "le volume de matière émis jusqu'à présent est dix à cent fois plus faible que dans le cas du Pinatubo. Il représente moins de 100 millions de m3, qui ont été projetés jusqu'à 6 km d'altitude." Cette altitude est inférieure au plancher de la stratosphère, qui se situe de 8 à 15 km.

L'Eyjafjöll ne devrait donc pas entrer dans l'histoire du climat. Ni modifier les modèles climatiques, alors que le Pinatubo avait permis de tester nombre d'hypothèses sur les mécanismes chimiques dans la stratosphère.

Hervé Kempf et Hervé Morin, Le Monde du 18 avril

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Adrien Lavier 18/04/2010 12:02



OUFFF !


On aura des cerise ce printemps ! lol