Jupiter perd une de ses gigantesques bandes nuageuses

Publié le par Dimitri Chuard

On s'en doutait un peu : lors des dernières observations réalisées il y a quelques mois avant son passage derrière le Soleil, la planète Jupiter montrait un affaiblissement prononcé de sa bande équatoriale sud. Le retour de la planète dans le ciel du matin vient d'en apporter la confirmation. Un phénomène étonnant, mais pas exceptionnel...

Jupiter est une planète gazeuse, la plus grande du Système solaire. Elle est connue pour ses conditions météorologiques stupéfiantes : des bandes nuageuses parallèles parcourues par des vents à plus de 600 kilomètres à l'heure et de gigantesques cyclones dont le plus spectaculaire, la Grande Tache Rouge (GTR), est observé depuis près de quatre siècles et pourrait contenir trois fois la Terre. De nombreuses études tentent de démontrer les mécanismes complexes qui régissent la circulation nuageuse sur cette planète, comme celles réalisées par Philip Marcus, un professeur de mécanique des fluides de l'Université de Berkeley, ou encore celles d'une équipe de l'UCLA (University of California, Los Angeles).

 Les astronomes ont l'habitude d'observer le vortex de la GTR en train de circuler le long d'une bande ocre, la bande équatoriale sud, qui a son équivalent dans l'autre hémisphère. La couleur de ces deux bandes est sans doute produite par des composés complexes de phosphore et de soufre. Mais voilà que la bande équatoriale sud est devenue invisible, laissant la GTR bien seule au milieu d'un hémisphère sud éclairci.

jupiter bande disparue

Le premier à avoir signalé le phénomène est l'omniprésent Anthony Wesley, un astronome amateur australien qui a déjà à son actif la découverte d'un impact cométaire sur Jupiter en 2009 et la détection d'une tempête sur Saturne il y a quelques semaines. En photographiant Jupiter le 9 mai dernier, il a pu admirer le nouveau visage de la géante gazeuse. Pour autant la spectaculaire disparition de cette bande n'est pas exceptionnelle : le phénomène s'est déjà produit en 1973 et 1990. Pour certains chercheurs, cette disparition temporaire est sans doute factice. Elle pourrait s'expliquer par la formation de nuages blancs de glace d'ammoniac en altitude, juste au-dessus de la bande équatoriale sud.

Après les cyclones, les tornades et les pluies d'hélium, voici donc les nuages occultants ! En attendant de mieux comprendre la météorologie de Jupiter, les astronomes amateurs et professionnels ne vont pas manquer de pointer leurs télescopes en direction de la planète géante dans les semaines et les mois à venir, dans l'espoir d'assister en direct à la réapparition de la bande équatoriale sud.

Source : FS

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